Emilie Renaud : Cette sélection je n’y pensais même pas une seule seconde en début de saison

Sa saison est atypique. Alors qu’elle ne pensait pas à cette sélection lors du début de saison, Emilie Renaud a vu ses performances augmenter au niveau du temps et a réalisé une progression loin d’être acquise il y avait encore quelques mois. Membre du club Clermont Athlétisme Auvergne et entraînée par Pascal Gwizdz, la jeune Clermontoise est revenue du Kenya avec de nouveaux objectifs et une nouvelle maturité puisque cette compétition a permis à cette jeune adepte du 2000M steeple de franchir un palier dans sa jeune carrière. Malgré un objectif non atteint, Emilie Renaud reste positive et espère bien prendre sa revanche la saison prochaine avec l’équipe de France mais pour avoir cela il va falloir travailler, comme dit la citation « Ne te plains pas des difficultés de ton combat, c’est ce qui donnera du goût à ta victoire ». Revenue du Kenya depuis quelques jours, Emilie Renaud a accepté de répondre à nos questions. Entretien.

 

« Je savais très bien que je ne pouvais pas rivaliser avec les Africains. »

-L-S-E-P-I : Bonjour Emilie, comment vas-tu ? Pour commencer, peux-tu te présenter s’il te plaît ? 

E.R : Bonjour, ça va bien, je me présente, je m’appelle Emilie Renaud, j’ai 16 ans, je pratique l’athlétisme depuis l’âge de 7 ans et je suis licenciée au Clermont Athlétisme Auvergne où je m’entraîne avec Pascal Gwizdz.

Tu as récemment vécu un rêve de gosse presque puisque tu as participé aux championnats du Monde cadets d’athlétisme à Nairobi (Kenya), explique nous le 2000 mètres steeple…

J’ai obtenu ma qualification pour les championnats du Monde cadets au Kenya sur l’épreuve du 2000m steeple. C’est une épreuve qui n’est pas forcément connue par tout le monde. La course se déroule avec des obstacles : au total on franchit quinze barrières et cinq rivières. C’est une course assez ludique qui permet de diversifier les courses plates telles que le 1500m ou le 3000m.

Le Kenya est une véritable machine à champions au niveau du demi-fond, est-ce que tu avais une petite pression au fond de toi même si tu n’étais pas attendue ? 

En partant au Kenya me confronter aux meilleurs coureurs du Monde je savais très bien que je ne pouvais pas rivaliser avec les Africains. Les Kenyans étant à domicile et habitués à l’altitude, la probabilité qu’un athlète européen remporte une médaille sur le steeple était quasiment nulle. Cependant, je ne partais pas sans ambitions, je m’étais fixée l’objectif d’accrocher une des huit premières places afin d’être finaliste.

 

« Cette sélection je n’y pensais même pas une seule seconde en début de saison. »

Ton histoire est d’autant plus belle puisque tu n’imaginais pas une sélection en équipe de France il y a quelques mois, parle nous un peu de ton parcours atypique…

Oui c’est sûr, j’ai eu une progression assez nette et surtout inattendue. Je pense m’être toujours entraînée sérieusement, sans « tirer sur la corde » et au fond de moi je me suis toujours dit que le travail finirait par payer. Cette sélection je n’y pensais même pas une seule seconde en début de saison mais après les championnats de France de cross, j’ai effectué un stage en altitude à Font-Romeu avec mon groupe d’entraînement et je pense que ça a été l’élément déclencheur de cette aventure. J’ai commencé à enchaîner les bonnes séances et je me sentais beaucoup plus à l’aise en compétition. Finalement à ma grande surprise je réalise les minima sur le 2000m steeple au meeting de sélection d’Amiens, il ne me manquait plus qu’à confirmer en prenant une des deux premières places aux championnats de France à Dreux.

Comment expliques-tu cet état de forme ? Y a-t-il eu un déclic au fond de toi ? 

Je ne cache pas que j’avais pris beaucoup de poids la saison précédente et finalement réussi à rétablir un équilibre depuis le début de l’année. Mais je pense également avoir évolué mentalement, j’aborde désormais les compétitions avec une optique différente et beaucoup plus de détermination.

Tu termines à la onzième place et on a vu la domination des Kényanes, es-tu satisfaite de ta course ? Quels regrets as-tu en revoyant ta course ?  

Je ne peux pas dire que je suis satisfaite de ma course car l’objectif que je m’étais fixée n’est pas atteint mais avec du recul je me dis que les conditions étaient difficiles et qu’il s’agissait pour moi d’une première compétition au niveau international. L’ambiance du stade et la pression que je m’étais mise en ne voulant pas décevoir mes proches m’ont un peu perturbées je pense. En tout cas je suis convaincue que cette expérience ne pourra être que bénéfique pour la suite. Concernant ma course je n’ai pas de regrets, je ne pense pas avoir fait de mauvais choix tactique, j’ai simplement lâché lorsqu’il est devenu impossible pour moi de suivre le rythme imprimé par les Kenyanes. Les jambes et le souffle ne pouvaient plus suivre.

Tu découvres ce monde comme la plupart, quand on voit Steven Faulchin devenir champion du Monde, qu’est-ce qu’on se dit à cet instant ? 

Steven a réalisé un exploit en devenant champion du Monde. Pour lui il s’agissait de sa deuxième sélection après les Europe de l’année dernière où il a terminé à la neuvième place. C’est très motivant quand on mesure le chemin parcouru et cela donne envie de se battre encore plus pour se donner également une deuxième chance. Voir un athlète de son pays monter sur la première marche et entendre la Marseillaise c’est toujours un moment très émouvant.

 

« Cette expérience nous a permis de franchir un palier. »

Comme c’était ta première sélection, comment as-tu abordé ces championnats du Monde avec l’équipe de France ? 

J’ai essayé avant tout de ne pas me mettre de pression inutile et de profiter au maximum de chaque instant. Pour beaucoup d’entre nous, il s’agissait de notre première sélection et nous avons tous vécu ça ensemble. Je pense qu’on serait unanime en disant que cette expérience nous a permis de franchir un palier et de découvrir notre discipline au niveau international.

Tu disais à un autre journaliste que tu aimerais te spécialiser sur 3000m steeple et le 1500m, pourquoi faire ce choix alors qu’au contraire tu pourrais continuer ta grosse progression sur ta discipline ? 

En France, lorsqu’on passe en catégorie junior, on continue de courir sur le 2000m steeple chez les filles. Mais pour participer aux compétitions internationales, il faut avoir des références chronométriques sur le 3000m steeple car c’est cette épreuve qui se trouve au programme des compétitions. De plus, l’entraînement du 1500m se combine avec celui du steeple et cela me permettrait de conserver une base de vitesse indispensable, même sur les distances plus longues.

Quels sont tes objectifs à long terme ? 

Après le séjour inoubliable que je viens de vivre je ne peux pas ne pas ambitionner une nouvelle sélection. Sinon, monter progressivement sur des distances plus longues sans pour autant délaisser la piste et les distances courtes.

Pour finir, que pourrions-nous te souhaiter de mieux pour la suite ? 

Continuer sur ma lancée et poursuivre ma progression pour pouvoir rivaliser avec les meilleures françaises. Et bien évidemment ne pas me blesser ou connaître de problème de santé.

 

Kentin

Photo : IAAF

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