Nils Poulard : Il faut faire des sacrifices et sortir de sa zone de confort

Il a un instinct voyageur mais aussi basketteur, à dix-huit ans, Nils Poulard est déjà parti aux États-Unis pour parfaire sa technique et son envie de basketball. Passé par le Basket Club d’Orchies dans les catégories jeunes, ce Parisien se retrouve désormais aux portes de la NM1 à Gries Obberhofen alors qu’il avait quelques propositions en Amérique. Une destination symbole d’un palier franchi pour Nils Poulard qui espère grappiller du temps dans ce championnat qui pourrait lui ouvrir énormément de portes. Discret et déterminé, pour réaliser son voyage outre-Atlantique le jeune basketteur a dû sortir de sa zone de confort et faire énormément de sacrifices, un exercice qui lui aura permis d’être plus mâture dans sa tête et dans son jeu. Alors qu’il s’entraine durement chaque jour, nous sommes partis lui poser quelques questions. Entretien.

 

« Je ne vais pas aller crier haut et fort que je suis parti aux États-Unis. »

-L-S-E-P-I : Bonjour Nils, comment vas-tu ? Peux-tu te présenter brièvement s’il te plaît ?

N.P : Bonjour à toi Kentin. Pour ma part tout va très bien. La saison est finie mais je continue à m’entraîner individuellement pour la saison à venir. Cette période est très importante pour un sportif et donc il faut l’optimiser. Pour revenir à ta question, je m’appelle Nils Poulard, j’ai dix-huit ans et je suis originaire de Paris.

Tu es un jeune basketteur, raconte nous un peu ton parcours…

J’ai très vite habité en région parisienne, là où j’ai commencé le basket, plus précisément à Marne la Vallée. J’ai joué de mes années poussins à ma première année minime là-bas avant de partir pour un club voisin proche de Disney : Union Ozoir Val d’Europe. C’est ce dernier club qui m’a plus ou moins lancé, avec des personnes qui m’ont réellement fait confiance là où certains ne l’ont pas fait ailleurs. Après une année de transition en minime région, nous obtenons le dossier U17 FRANCE ÉLITE, ce qui m’a permis, pendant deux ans, d’évoluer à un niveau conséquent avec un groupe et un coach que je n’oublierais jamais. A la fin de ces deux années cadets, j’intègre le centre de formation du Basket Club d’Orchies et j’évolue en U18 France Élite, contre les tous meilleurs centres de formation pro, tels que Lille Métropole Basket ou Gravelines Dunkerque. En parallèle, je jouais également avec mon Lycée en UNSS, regroupant des joueurs des centres de formation aux alentours, avec qui je termine Champion de France Junior. Une expérience fantastique. A l’issue de cela, l’opportunité de partir jouer aux États-Unis s’est présentée à moi et j’ai sans aucun doute accepté. A présent me voilà de retour en France.

Tu es revenu des États-Unis, aujourd’hui tu as signé dans un club qui est capable de te donner une chance, comment cette opportunité s’est présentée ?

Comme tu dis après une grosse saison en Prep School aux États-Unis, l’opportunité de revenir en France était belle et bien là, et le projet qui était en place m’a tout de suite attiré. C’est donc en Alsace à Gries Obberhofen que je jouerai l’an prochain, et j’ai vraiment hâte que cette nouvelle expérience commence. Très motivé, je vais mettre tout les ingrédients nécessaires pour y réussir, club dans lequel j’aimerais énormément pouvoir me lancer ! Le club m’a proposé un double projet sur la N1 et la N3, avec d’une part des responsabilités, et de l’autre des choses à prouver et des minutes à gagner. Comment cette opportunité s’est présentée ? Je vais dire que c’est le cours de la vie, le suivi d’un travail… Il y avait cette année-là quelque chose à faire dans un club qui t’accorde une certaine confiance et où tu pourras t’exprimer tout en touchant le haut niveau. Je n’ai pas mis longtemps à réfléchir et c’est bien là-bas que je me voyais ! Je n’ai vraiment pas hésité une seconde et même avec des propositions pour rester aux États-Unis. Le plus dur reste à faire et maintenant c’est à moi de faire en sorte que tout se passe bien. Les conditions y sont, alors à moi de me mettre à la hauteur.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, parles-tu de ton expérience outre-atlantique à tes équipiers ?

Forcément, tu abordes plus ou moins le sujet de cette expérience puisque quand tu quittes le circuit de formation jeune en France, tu disparais un peu et tu es donc sous une certaine forme, obligé de l’aborder. Discret comme je suis, je ne vais pas aller crier haut et fort que je suis parti aux États-Unis mais si on me demande ce que je faisais la saison dernière, je ne vais bien sûr pas nier (rires).

Nils Poulard 1

« Il faut faire des sacrifices et sortir de sa zone de confort ! »

Ensuite, direction les États-Unis. Certes ce pays est le rêve de chaque basketteur mais y es-tu allé pour vivre le rêve américain ou juste pour vivre une aventure étrangère ?

Comme tu dis, le basket aux États-Unis est vu d’une toute autre manière et tout le pays tourne autour du sport en général. L’exposition et l’engouement qu’il y a autour de ce sport est encore plus visible sur place, c’est vraiment hallucinant … Pour nous, Européens et surtout basketteurs, c’est forcément à première vue un rêve que de pouvoir y jouer un jour et être sous les feux des projecteurs. Mais pour ma part, je savais que cette expérience n’allait pas être facile et je mettais déjà fait une petite idée du fonctionnement là-bas. Je n’ai pas vraiment été surpris en arrivant et c’est sûrement pour cette raison que je me suis tout de suite bien adapté que ce soit sur le plan culturel que sur le plan sportif. Ayant obtenu mon bac l’an dernier en France, et avec pour ambition de décrocher mon diplôme équivalent au bac, je ne suis pas parti là-bas les mains dans les poches dans une ambiance de vacances comme beaucoup de personnes imaginent la vie là-bas. Au contraire, un vrai défi m’attendait et le relever était pour moi primordial ! Sur la plan sportif, se frotter aux meilleurs prospects de ta catégorie d’âge, c’est bien sûr un objectif … En partant là-bas, j’ai surtout appris à développer des qualités que je n’ai pas eu l’occasion de développer en France, notamment sur le plan physique. Le basket y est complément différent, la vision du basket totalement opposé au basket Européen, et c’est toujours bon à prendre. On t’apprend les choses d’une manière opposée, on aborde avec toi des principes de jeu basés sur le duel et sur le 1vs1 et surtout cette capacité à gagner ce duel. L’aspect mental joue beaucoup là-bas et pour réussir il faut donc être plus fort psychologiquement que l’autre. J’ai, grâce à ça, développé une certaine confiance avec une prise de responsabilités plus fréquente, ce qui a forcément des répercutions positives sur ton jeu. On te pousse à bout mentalement comme physiquement et ça, ça te rend fort. Si tu n’es pas prêt, ils ne vont pas hésiter à te le dire. C’est en quelques sortes la loi du plus fort ! Pour y arriver, tout passe par toi et donc chaque matin tu as les crocs à l’entraînement.

Pourrais-tu aller dans un autre pays tel que la Serbie ?

Bien sûr, ça ne me gênerait absolument pas de découvrir d’autres pays sur le plan sportif. Chacun à sa propre vision des choses mais dans mon optique, je ferais tout pour pouvoir vivre du basket. Peu importe l’opportunité que j’ai, et n’importe où, si j’estime que c’est pour moi un pallier nécessaire pour réussir dans le basket, j’y partirai volontier. La frontière de la langue ne m’a jamais fait peur et j’estime que quand on veut réussir, il faut faire des sacrifices et sortir de sa zone de confort !

Tu es sorti de ta zone de confort, est-ce que cela t’a fait mûrir plus vite ?

Dès que tu sors de ta zone de confort, tu découvres forcément quelque chose de nouveau, quelque chose dont tu n’as pas l’habitude et auquel il faut t’adapter. C’est ce qu’il s’est passé avec la langue. Les deux premiers mois ont été compliqués et j’étais plutôt passif au niveau de la communication sur et en dehors du terrain même si j’arrivais à me faire comprendre. C’est sûr que quand tu arrives dans quelque chose de nouveau avec une langue qui n’est pas la tienne, il faut un temps d’adaptation. Mais dans la mesure où j’étais en immersion et que je n’ai pas eu le choix, j’ai appris vraiment vite. A présent je parle plutôt couramment l’anglais, ou du moins j’arrive à comprendre et à me faire comprendre dans n’importe quelle situation. Sur le plan basket, c’est sensiblement la même chose, tu ne peux plus extérioriser les choses que tu penses avec tes potes aussi facilement qu’en français, tu es loin de tes proches, loin de ta famille et donc loin du confort que tu avais mais ce sont des étapes importantes dans la carrière d’un sportif et c’est aussi sur ce genre de situation où l’on peut voir si oui ou non, le joueur reste fort, s’il arrive à se remotiver et à être performant ! Bien que j’étais loin, le monde est tellement bien fait que la communication n’est plus difficile et ça, ça aide. Je ne peux pas dire que je suis passé par une période de doute car ça serait mentir, mais une période de réflexion où tu te demandes ou est-ce que cela va t’emmener, quels vont être les prochaines échéances importantes etc. Dans une période charnière comme celle-ci, à 18 ans, tu sens que si tu ne fais pas ton trou maintenant, ça risque d’être compliqué pour le futur mais je suis tellement attaché à mes rêves, que j’ai trouvé là-dedans cette force d’inspiration et cette réelle envie de travailler tous les jours pour devenir meilleur et atteindre ce que je me suis fixé.

Nils Poulard 2

« J’espère vraiment pouvoir relever ce challenge. »

Tu es revenu en France, comment s’est passé ton retour ?

Du fait que les saisons High School / Prep School se terminent assez tôt aux États Unis, je suis revenu en France aux alentours de fin mai. Je suis revenu dans mon club d’origine proche de chez moi pour rester en rythme et ne pas perdre mon basket. L’été va être chargé pour moi et je vais justement en profiter pour bosser afin d’être prêt pour la reprise des entraînements en pré-saison !

Actuellement, quelles sont tes ambitions ?

Aujourd’hui, je souhaite vraiment partir sur de bonnes bases et produire la meilleure saison possible sur le plan individuel et collectif ! Mes ambitions sont simples, faire le maximum pour obtenir le plus de minutes possible en Nationale 1 ! J’espère vraiment pouvoir relever ce challenge mais travailleur comme je suis, je ferais tout pour ! On a rien sans rien, les cartes sont dans mes mains.

Pour finir, que pourrions-nous te souhaiter de mieux ?

Ce que vous pourriez me souhaiter de mieux, c’est de réussir avec ce club ambitieux, individuellement comme collectivement ! A long terme, ça serait de me trouver sur les parquets professionnels, voilà ce que je veux !

 

Kentin

Photos : Facebook de Nils Poulard

Une réflexion sur “Nils Poulard : Il faut faire des sacrifices et sortir de sa zone de confort

  1. Bravo, cher Nils, pour ta ténacité et ta lucidité.
    Avec des valeurs comme celles-là, tu ne peux pas faire fausse route.
    Tous nos vœux de réussite pour cette nouvelle aventure alsacienne !
    Bises à trois points des Mothe

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