Interview croisée : Mariame & Sandrine

Elles rêvent de fouler le terrain des professionnelles. Footballeuses depuis l’âge de cinq et onze ans, Sandrine et Mariame sont deux joueuses de talent évoluant au FC Rouen. Alors que le football féminin n’était pas encore développé lors de leurs débuts, elles avaient toutes les raisons pour abandonner mais ces deux joueuses persévérantes ont su que la roue allait tourner et qu’il fallait être patientes, aujourd’hui elles sont récompensées. Encore très peu développés dans le calendrier, les tournois de football féminin se font encore discrets sauf la Fémin’Cup, organisée par le Stade Couëronnais, sort son épingle du jeu en invitant de grandes équipes pour un week-end placé sous le signe du plaisir. Onzièmes de cette compétition, les joueuses du FC Rouen repartent chez elles avec le sourire et de nouvelles connaissances. Entretien avec Mariame et Sandrine.

 

« Certaines mentalités ont évolué. »

-L-S-E-P-I : Bonjour les filles ! Comment allez-vous ? Pouvez-vous présenter s’il vous plaît ?

M : Bonjour, ça va bien. Je m’appelle Mariame, j’ai dix-sept ans et je fais du foot depuis l’âge de cinq ans, j’ai d’abord débuté avec les garçons quelques années avant d’évoluer avec les filles.

S : Bonjour, ça va aussi. Moi, je m’appelle Sandrine, j’ai dix-sept ans, j’ai débuté le foot à l’âge de onze ans, j’ai aussi commencé avec les garçons et dès que j’ai eu l’opportunité de rejoindre une équipe féminine je l’ai intégrée. J’évolue maintenant en U19 National à Rouen.

Comment avez-vous découvert le football ?

M : Moi j’ai découvert au quartier, on vit football, on y joue tout le temps. Dès qu’il y a un ballon c’est pour le foot. J’ai été intriguée donc j’ai commencé, puis, à cinq ans je suis allée dans un club.

S : J’ai découvert ça avec mon frère. On aime beaucoup le foot.

Quand vous dites que vous jouez au football, comment réagissent les gens ? Il y a toujours des personnes qui critiquent la place du football féminin…

M : J’entends souvent « Ah vraiment toi tu sais jouer ? » ou des choses du genre, quand on arrive face à eux et qu’on lui met un petit pont c’est là qu’il comprenne qu’on sait vraiment jouer. Maintenant comme le football féminin s’est développé les gens comprennent vite.

S : (elle coupe) Ils s’y intéressent et nous demandent où nous jouons. Certaines mentalités ont évolué.

 

« C’est l’un des meilleurs tournois que j’ai pu faire. »

On voit très peu de tournoi féminin comme la Fémin’Cup organisée par le Stade Couëronnais, qu’est-ce que cela vous fait de participer à une compétition autre que le championnat ?

M : Ça fait chaud au cœur, le football féminin se développe donc c’est plutôt bien. Ensuite, nous affrontons des belles équipes donc on voit que ce n’est pas comme avant, ça se développe, on est fière.

S : Franchement, c’est cool puisqu’on rencontre des équipes que nous ne rencontrons presque jamais et c’est plutôt intéressant.

Dans ce tournoi, vous jouez face à des équipes comme Toulouse, Juvisy ou encore Saint-Étienne, comment abordez-vous les matchs ?

M : C’est vraiment super. Engager des matchs contre des équipes comme celles-ci peut nous faire progresser. J’aime beaucoup parce que je préfère jouer contre des équipes plus fortes que contre des équipes plus faibles et remporter tous les matchs car on ne progresse pas et on n’apprend pas. J’ai appris de mes erreurs sur certains matchs, on apprend tous les jours.

S : Certaines équipes ont des niveaux beaucoup plus élevés donc ça nous fait progresser et ça nous donne envie de se battre jusqu’à la fin.

Est-ce que, parfois, vous vous parlez entre vous ?

M : Ça arrive. Il y a beaucoup de rencontres dans le football. Ce sport nous a fait rencontrer beaucoup de personnes, la preuve je ne la connaissais pas (en parlant de sa copine à côté). C’est beau.

Comment se passe le tournoi pour vous ?

M : C’est super cool. On joue et on mange, l’organisation est super bien puisqu’il y a le secourisme, les matchs sont à l’heure etc. C’est un tournoi à refaire. On a joué Juvisy en demie-finale avec des joueuses en équipe de France.

S : C’est l’un des meilleurs tournois que j’ai pu faire.

 

« Chaque footballeur ou footballeuse pense à son avenir dans le football. »

Qui dit FC Rouen dit haut niveau et qui dit haut niveau dit monde professionnel ou encore équipe de France, est-ce qu’on y pense dans votre catégorie ?

M : On envisage. Chaque footballeur ou footballeuse pense à son avenir dans le football. On prend du plaisir à jouer donc on peut en faire notre métier. On a ça dans notre coin de la tête.

S : Je pense que c’est l’objectif et le rêve de chaque footballeur de devenir professionnel.

Forcément c’est un objectif mais comment arrivez-vous à gérer le football et vos études ? A un moment, on est obligé de délaisser une partie…

S : On doit affilier sport et étude donc avec la section on nous dit clairement si dans les études ça va pas et si c’est le cas on est pénalisée dans le football et vice versa.

Qu’est-ce qu’on pourrait vous souhaiter de mieux pour la suite ?

M : Beaucoup de courage et beaucoup de mental. Souhaitez nous bonne chance.

S : Réaliser notre rêve.

 

Kentin

Photo : Aurélien Chassoulier

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