Benoît Sinner : Il est difficile d’exister chez les professionnels

Ancien champion d’Europe chez les espoirs en 2006, Benoît Sinner a souvent fait l’élastique entre le monde des professionnels et celui des amateurs mais cette fois-ci le sprinteur a décidé de ne plus se prendre la tête après son départ de l’équipe cycliste de l’armée de terre. Capitaine de route à l’UC Nantes Atlantique depuis le début de la saison, l’ex-champion d’Europe continue de travailler pour l’armée de terre afin de passer des examens pour évoluer dans les rangs. Après un an sans victoire, ce militaire de trente-deux ans a renoué avec celle-ci sur les Boucles de la Loire il y a quelques jours, un succès attendu depuis très longtemps. Adoré par ses équipiers mais aussi par le public, nous sommes partis à la rencontre de Benoît Sinner. Entretien.

 

« Le plus important était pour moi de retrouver une structure familiale. »

-L-S-E-P-I : Bonjour Benoît ! Comment vas-tu ? Peux-tu te présenter s’il te plaît ?

B.S : Bonjour, ça va. Je m’appelle Benoît Sinner, 32 ans, Caporal-chef de l’armée de terre et aide moniteur en reconversion pour passer sous-officier et moniteur de sport. Je suis un coureur de l’UC Nantes Atlantique depuis cette saison.

Ancien professionnel et champion d’Europe espoirs en 2006, après avoir effectué six ans dans l’équipe de l’Armée de Terre dont deux saisons chez les  professionnels, comment s’est passé ton retour dans le peloton amateur ?

J’ai passé six ans sous les couleurs de l’armée de terre dont deux parmi les professionnels, c’est donc mon second retour chez les amateurs après celui de 2009 et mon arrivée au Team Bonnat. Pascal Déramé a pris connaissance de ma descente chez les amateurs assez tôt et m’a contacté dès le mois de septembre, c’était un des rares clubs avec lequel j’avais envie de m’engager pour refaire une nouvelle saison. Nous sommes vite tombés d’accord après avoir eu confirmation de mon nouveau statut au sein de l’armée.

Tu es donc arrivé à l’UC Nantes Atlantique avec Valentin Madouas, comment s’est passée l’intégration ? On t’appelle papy n’est-ce pas ?

Il est vrai que le groupe est très jeune, plus des deux tiers de l’équipe est encore espoir et le second plus vieux doit avoir cinq ou six ans de moins que moi d’où mon surnom de Papy ! Néanmoins, l’intégration s’est très bien passée une fois les présentations faites autour d’un verre lors d’une bonne soirée !

Le fait d’être dans une équipe plus jeune avec encore une fois le rôle de capitaine de route et de grand frère était la chose la plus importante pour toi ?

Le plus important était pour moi de retrouver une structure familiale tournée vers le haut niveau ! Je ne me vois plus me prendre la tête pour faire du vélo mais seulement trouver du plaisir dans cette pratique. Et effectivement, le rôle de grand frère et de capitaine de route fait parti de mon plaisir sur le vélo.

 

Benoît Sinner 1

« Il est difficile d’exister chez les professionnels. »

En tant que « Papy » de l’équipe, ta mission est d’apprendre le métier aux jeunes ?

Le rôle d’apprendre le métier aux jeunes est surtout dédié aux directeurs sportifs qui ont ce rôle de formation, moi je fais le lien entre les deux. Avant les courses, je me permets de donner mon avis lors du briefing mais l’autorité reste au DS, sur le vélo de faire appliquer les consignes dites au briefing et de les adapter en fonction des circonstances de courses, à l’arrivée de relever les bonnes et les mauvaises choses pour faire progresser le groupe. En dehors du vélo, tous les coureurs savent qu’ils peuvent m’appeler pour gérer différents détails : sportif, santé, entraînement, motivation ou autres et n’hésitent pas à le faire car ils y trouvent une oreille attentive et des solutions quand je peux leur en apporter.

A 32 ans, penses-tu bientôt arrêter le vélo pour devenir directeur sportif ?

Ma carrière est dernière moi maintenant, la fin sera dictée par mes formations militaires nécessaires pour mon évolution professionnelle. Cependant, je suis toujours affecté à l’Équipe Cycliste de l’Armée de Terre et membre du staff, surtout pour la logistique pour le moment et à terme devenir DS ou entraîneur pour eux.

Tu es un cycliste qui aime partager et voir les copains heureux, passer de cycliste à directeur sportif serait une suite logique ?

C’est une évolution logique oui, quand on a le goût du contact, la passion du vélo on se dirige naturellement vers cette voie. Maintenant, rien est écrit et si jamais ça ne se fait pas, d’autres voies peuvent m’intéresser, notamment celle de moniteur de sport des armées.

Quand on regarde ton parcours professionnel, on voit une instabilité dans le sens où tu as fait l’élastique entre les pros et les amateurs, étais-tu vraiment fait pour t’affirmer dans le peloton pro ?

Je ne me reconnais pas dans la façon de courir très stéréotypées des courses professionnelles. Je pense avoir eu le moteur et le mental pour en faire parti mais quand tu n’es pas le meilleur sprinteur ou le meilleur grimpeur, il est difficile d’exister chez les professionnels. Il suffit de voir la durée des carrières de beaucoup de jeunes qui sont passés ces dernières saisons.

 

Benoît Sinner 2

« Une semaine entre deux victoires paraît longue ! »

Tout ça est maintenant derrière toi, on voit qu’à 32 ans tu es toujours performant puisque tu remportes les Boucles de la Loire, une victoire que tu attendais depuis longtemps ?

Même une semaine entre deux victoires paraît longue ! Alors oui, plus d’un an après la dernière, j’ai eu le temps de ronger mon frein. Je pensais y parvenir plus tôt dans la saison, mais le temps d’apprécier ma nouvelle organisation professionnelle et de gérer différents problèmes matériels, il a fallut être patient.

Quel est ton objectif pour cette deuxième partie de saison ?

Réussir mes tests pour intégrer l’école des sous officiers ! Une fois l’été arrivé, je vais devoir ranger un peu le vélo pour me préparer au mieux physiquement pour réussir différentes épreuves physiques aussi difficiles que variées !

Pour finir, que pourrions-nous te souhaiter de mieux pour la suite ?

Avoir un après carrière aussi heureux que la modeste carrière qui est la mienne !

 

Kentin

Photos : Cassandra Donne (1 & 2) ; Marie Greneche photos (Photo de couverture)

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