Nick Ansom : Chaque porte qui se ferme permet d’en ouvrir une autre

C’est un exemple de réussite, Nicolas Gaillard, ou plus communément appelé Nick Ansom, n’a rien lâché et devient une véritable vedette grâce à ses nombreuses actions envers le basket de rue ou le basket de plage comme il aime le dire. Passionné de basketball, le fondateur de la Venice Basketball League rêvait lui aussi d’intégrer la plus grande ligue du Monde, la NBA, mais sa destinée était autre car maintenant son véritable plaisir est de réaliser les rêves des gens, un acte généreux et solidaire. Acteur d’une vie bien mouvementée, notre Français à l’accent Américain a pourtant dû gravir les étapes une par une afin d’atteindre le sommet de la pyramide et recevoir le respect de tous les habitants. Après dix ans d’organisation, de joueurs NBA, de stars du Hip-Hop etc, Nick Ansom a décidé de passer un cap en haussant le ton de sa League grâce au sponsor ADIDAS et à l’amélioration du terrain principal. Entre deux activités, Nick Ansom a accepté de répondre à nos questions. Entretien.

 

« Chaque porte qui se ferme permet d’en ouvrir une autre. »

-L-S-E-P-I : Bonjour Nick, comment vas-tu ? Peux-tu te présenter brièvement s’il te plaît ?

N.A : Bonjour ! Ça va très bien. Je m’appelle Nicolas Gaillard alias Nick Ansom. Je suis né à San Francisco puis je suis allé m’installer avec ma famille dans la banlieue Parisienne à deux ans où j’ai découvert le basket en récréation avec les paniers à 2m20. Avant je faisais beaucoup de football, j’étais grand et maigre, puis lorsque j’ai commencé le basket, j’ai eu de l’adrénaline et le feeling était instantané, à ce moment-là j’ai su que le basket était pour moi.

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Nick Ansom est ton blaze, pourquoi ne pas avoir gardé Nicolas Gaillard ?

J’ai pris Nick Ansom car les Américains avaient dû mal à prononcer Gaillard et certains me disaient que Ansom était plus classe. Ç’a simplifié la présentation.

Garçon très déterminé et passionné de basketball, ta vie ne t’a pourtant laissé aucune chance de passer professionnel dans le monde de la balle orange, tu as même été écarté de ton équipe universitaire à cause de tes sorties Hollywoodiennes. Comment as-tu vécu cette période difficile ?

Ce n’était pas difficile pour moi parce qu’à vingt ans je revenais de mon opération et j’avais fait un training de malade. Entre temps, j’ai commencé à être DJ à Hollywood, j’étais dans un environnement assez agréable donc quand je me suis fait viré j’ai passé plus de temps dans le monde de la nuit et j’ai commencé à redécouvrir le basket dans la rue. Pour moi, c’est la manière la plus pure donc j’ai rejoué sur les terrains en rencontrant des mecs puis on se faisait des matchs, le gagnant reste et le perdant laisse la place, voilà comment cela fonctionne. C’est pour moi le plaisir du basket car à l’université je ne m’amusais pas tant que ça même si j’avais des rêves de NBA. Chaque porte qui se ferme permet d’en ouvrir une autre.

Tu n’as rien lâché et te voilà, depuis quelques années, président de la plus grande ligue de Street-Ball aux États-Unis, en voyant tout le parcours que tu as effectué, quelle réaction as-tu ? 

Je me concentre sur le fait d’organiser un bon programme et recruter des nouveaux talents puisque la Venice Basketball League n’est pas que du basket, c’est aussi une plate-forme pour les arbitres afin de les entraîner car il y a quelqu’un qui est recruteur des arbitres pour la NBA donc il les teste. On teste aussi des nouveaux Dj, des nouvelles stars du Hip-Hop sur le Half-Time Show, après, bien sûr il y a du basket mais c’est avant tout une plate-forme pour tout le monde afin de venir partager leur passion. Le matin, ça démarre avec les kids et c’est le projet qui me passionne le plus. Voir des gamins que je coachais quand ils avaient huit ans se faire recruter par des tops universités, avoir de l’influence sur la vie d’un jeune et de pouvoir les aider à réaliser leurs rêves. Donc la VBL, pour moi, c’est une plate-forme de pouvoir pour des personnes qui n’ont pas eu de chance durant leur vie. Les US ce n’est pas comme en France car il n’y a que la NBA et la D-League alors qu’en France on a la Pro A, Pro B, NM1, 2 et 3 donc techniquement t’es professionnel donc c’est énormément de talents puisqu’en NBA il y a 30 ou 40 joueurs de la région Californienne dont les meilleurs comme James Harden et Westbrook donc on voit qu’il y a un vrai groupe de talents à L.A mais pleins ne se font pas voir donc cette plate-forme leur permet de jouer devant 2 ou 3 000 personnes le dimanche et se retrouver dans des médias tels que ESPN, Ballislife ou Slam Magazine qui sera notre partenaire pour cette saison. La VBL est un tremplin pour beaucoup de joueurs. J’ai découvert le petit nain, Manilove, qui est une star des HarlemGlobeTrotters. Les plus grands moments sont d’aider les joueurs à réaliser leurs rêves, on a une fille qui faisait les interviews des joueurs pendant les matchs et elle fait maintenant partie d’une des plus grosses agences sportives de Los Angeles. C’est génial de voir les joueurs, les artistes ou les journalistes percer. Donc pour moi, ça ne fait que commencer, c’est comme-ci on redémarrait. J’ai passé dix ans de galères où à certains moments où on avait pas assez d’argent pour financer les équipements, aujourd’hui on travaille avec des marques comme Adidas.

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« Le sport est pour moi essentiel à la croissance de tous. »

Lorsque tu es arrivé à Los Angeles, tout était dicté par les gangs et tu as débuté sur le terrain des « sous-estimés » avant de t’affirmer et te retrouver sur le meilleur terrain avec des joueurs universitaires et parfois de NBA, comment as-tu fait pour obtenir le respect de tous les joueurs ?

Au tout début, il n’y avait que trois terrains et celui sur lequel on joue n’existait pas encore ! Lorsque je suis arrivé je ne parlais pas anglais et les terrains étaient blindés. Personne ne voulait me prendre, puis, un mec sympa m’a invité et c’était en 1996 donc ce n’était pas aussi agréable qu’aujourd’hui car maintenant c’est l’un des endroits les plus chers alors que c’était dicté par les gangs mexicains, je ne m’en rendais pas compte en tant que petit Parisien, tout était naze pour moi. Le respect doit être gagné par petites gouttes, chaque dimanche on fait un truck bien et les gens voient que ça grandit donc je pense qu’automatiquement en tant que blanc j’étais discriminé. Il faut faire comme sur le terrain, il faut leur montrer le contraire car en tant que blanc-bec ils trouvent que tu ne sais rien faire. C’est la même attitude que dans un endroit neuf, il faut leur prouver. Le respect n’est pas donné mais gagné donc c’est une victoire après l’autre. Cette année, on a passé la semaine à Venice pour refaire le terrain alors que ça faisait six ans que j’attendais ça, on a dû faire une campagne pour récolter des sous, c’était un rêve abouti. Aujourd’hui, je suis heureux.

Tu as parfois été menacé de mort et tu as des cicatrices sur le corps (il coupe.)

Exactement, je me suis aussi fait tabasser quelques fois, Encore une fois, tu apprends à chaque étape et c’est dans ces moments difficiles que tu te rends compte si tu es né pour faire ça. Aujourd’hui, la VBL est ma destinée, est-ce qu’aujourd’hui je vais laisser une personne me taper ou m’insulter ou est-ce que je crois en moi ? Il faut penser positif et rester sur le droit chemin. On essaie de mener ça comme une vraie organisation, si Dieu veut demain je ne suis pas là mais au moins il y aura une équipe pour continuer. J’espère que tout ira mais je suis prêt pour le pire.

Est-ce que le basket de rue est la meilleure école de la vie ? Puisque on apprend à persévérer et à ne rien lâcher…

C’est l’école de ma vie en tout cas. A l’école, tu apprends, on t’éduque et on s’organise mais l’école ne t’apprend pas le relationnel avec les gens, elle ne te raconte pas des histoires vraies, elle ne t’apprend pas la liberté ou l’expression d’être. Pour moi, c’est là où j’ai appris, un jour tu gagnes, un jour tu perds . Un jour tu parles avec un papa qui te raconte des histoires insensées et un autre jour tu joues avec un clochard qui était une ancienne star d’Hollywood, donc tu apprends à travers ces histoires. Des gens qui jouent dehors, c’est devenu rare et ça montre la passion qu’ils ont pour le basket. Le sport est pour moi essentiel à la croissance de tous.

Avant ça, tu as eu un détour par la musique en devenant DJ, est-ce que cet aparté est dû à une frustration de ne pas avoir percé dans le basketball ?

Je ne pense pas que c’était une frustration, tu rencontres des gens sympas. C’est un choix très naturel car j’ai grandi dans une famille musicale. C’était aussi un moyen de se faire de l’argent donc à un moment il faut gagner sa vie. C’était une belle manière de m’éclater en faisant de l’argent mais ce n’est pas fini car je suis DJ pour un mariage puisque j’ai décidé de m’éloigner des Nights Clubs etc. Le fait d’être DJ à l’époque ce n’était que du bon. Il y avait des nanas sublimes de tous les côtés et en plus tu peux inviter tes potes. Maintenant, à 33 ans, c’est fini les ambiances de gamin, il est tant de passer à quelque chose de sérieux.

Sans transition, tu as créé ton premier tournoi en 2006, comment est venue l’idée d’organiser ça ?

J’avais un site de basketball qui s’appelait BallinLA.com, c’était un peu le guide touristique du basket à Los Angeles où j’avais listé une trentaine de terrains de basketball avec les horaires, le gymnase et le niveau de compétition. Je croyais que ce site allait être mon vrai projet et quand j’ai lancé le tournoi, je voulais douze équipes mais quinze sont venues avec toutes les stars que j’aimais quand j’étais jeune, c’est là où je me suis dit qu’il fallait que je continue à faire des trucks sur Venice. Pourquoi aller faire le tour de la ville alors que j’ai le plus beau terrain avec tous les joueurs. C’est parti d’un tournoi et on a tout de suite fait une ligue derrière.

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« Aujourd’hui la NBA ne m’excite plus, ça a perdu du cœur. »

Aujourd’hui, tu es respecté par tout le monde, tu as connu de nombreux joueurs NBA en passant de Kobe Bryant à DeAndre Jordan ou encore de Derrick Rose à Aaron Gordon etc. Est-ce qu’on peut dire que tu étais destiné au basket de rue ?

Je n’appelle pas ça le basket de rue, je dis le basket de plage. J’étais destiné à regrouper les gens, j’ai toujours eu une aise, quand j’avais cinq ou six ans je faisais une boum, je voulais toujours faire la fête. La Venice Basketball League est un peu pareille, c’est la fête du basket puisque tout le monde vient jouer, manger, danser, chanter et raconter des histoires. Ce que j’adore, c’est la diversité puisqu’il y a des petits, des grands, des jeunes et des plus vieux etc. On est tous là, il y a toutes les couleurs et tous les pays du Monde presque et tu te dis « On est tous pareils, on a tous la même passion. ». C’est la passion du basket que ce soit dans la rue ou dans un club et faire des tournois dans le Monde entier, on partage des histoires et on se crée des opportunités, le but est d’achever le rêve Américain qui n’est pas facile à obtenir. Ma destinée n’est pas le basket mais plus le fait de réunir tout le monde autour du basket de plage.

Tu as gravi les échelons un par un, cela fait onze ans maintenant que tu gères tout cela, tu as même engagé deux personnes à plein temps pour constituer un staff, c’est un facteur important afin de se faire connaître dans le monde entier même si cela est déjà fait ?

Il y a un vraie organisation, on prépare chaque dimanche avec entre temps des matchs dans les quatre coins de la ville, on partage le bon style de basket.

La saison va bientôt commencé, y aura-t-il des nouvelles surprises cette année ?

Il y a toujours des surprises, chaque moment peut être une surprise. Ça va devenir de plus en plus gros, ça peut arriver n’importe quand. Il y aura des gros joueurs, des futurs stars de NBA, le plus beau est le terrain qui a été refait, c’est un bel été qui commence.

Qu’aimerais-tu dire aux Européens afin de les convaincre de venir voir ce beau tournoi ?

C’est l’une des villes les plus incroyables et improbables pour moi à découvrir, tu as la nature, la plage, les quartiers de la ville et tu as Venice Beach qui est un peu le « Up » artistique et spirituel de Los Angeles, les gens du Monde entier viennent pour voir ça, c’est le paradis du basket avec quatre beaux terrains devant la plage avec une belle petite vague. La VBL est une vraie compétition de passionnés, c’est comme les JO à l’époque où les joueurs n’étaient pas payés, ils viennent juste parce qu’ils kiffent le basket et veulent se faire reconnaître. Le basket est bien plus beau à voir, aujourd’hui la NBA ne m’excite plus, ça a perdu du cœur, de la passion et le pouvoir de réussir.

Pour finir, que pourrions-nous te souhaiter de mieux pour la suite ?

C’est un bébé qui est devenu adulte donc il va falloir lui trouver des mentors, je suis la fondation de la Ligue avec Jérémy derrière et toute une équipe. On veut grandir, devenir un vrai business avec des sponsors et des médias. Continuer de grandir et réaliser les rêves des gens qui croient en nous. Grandir, évoluer, apprendre et créer des opportunités pour tout le monde. Créer une ligue internationale d’été. Notre futur est ensoleillé.

 

Kentin

Photos : Page Facebook de la Venice Basketball League (Photo de couverture ; 2 & 3) ; General Admission (1)

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