Ron Mvouika : Je m’entraine en attendant que la prochaine opportunité se présente

La persévérance est la meilleure qualité que nous pourrions lui attribuer. Ron Mvouika, vingt-cinq ans, se retrouve aujourd’hui sans club après avoir été coupé en D-League avant de rompre son contrat de six matchs avec Vitré. Dur situation pour notre joueur extérieur qui a pu connaître le maillot de l’équipe de France en été dernier. Mais celui qui a fait toutes ses classes aux États-Unis ne se laisse pas abattre grâce à sa foi et à ses rêves qui le guident tout au long de sa vie de basketteur. Avec un marché des transferts compliqué, Ron Mvouika n’a qu’une solution, travailler sans cesse pour pouvoir s’ouvrir d’autres portes afin de faire parler son jeu et ses qualités car la chose la plus importante pour un joueur de basketball, c’est de jouer. Revenu en France depuis quelques mois, nous nous sommes entretenus avec ce jeune rempli d’espoirs. Entretien avec Ron Mvouika.

 

« Je m’entraine en attendant que la prochaine opportunité se présente. »

-L-S-E-P-I : Bonjour Ron, comment vas-tu ? Peux-tu te présenter s’il te plaît ?

R.M : Bonjour ! Ça va très bien. Je m’appelle Ron Mvouika, j’ai vingt-cinq ans et je suis issu de la région parisienne.

Tu es joueur de basketball notamment passé par le championnat NCAA et la D-League, comment se passe ton retour en France puisque que tu as eu un court passage à Vitré ?

C’est assez compliqué puisque le marché des transferts est délicat car les règles ont changées (6 étrangers 4 français) et cela a laissé de nombreux joueurs sur le carreau. Les clubs veulent prendre des joueurs avec de l’expérience ou un prix assez bas et ça a plombé le marché des transferts. Certains refusent de jouer pour pas grand chose et les clubs sont en position de force donc pourquoi prendre un joueur pour une somme quelconque alors que pour le même prix on peut avoir deux joueurs. Pour l’instant, je m’entraine en attendant que la prochaine opportunité se présente.

Tu as été coupé en D-League, es-tu revenu en France très déçu ?

Très déçu ? Pas tellement car je me suis fait drafter par une équipe que je ne connaissais pas, différentes équipes avaient un intérêt pour moi et ni moi ni mon agent avons eu des contacts avec cette équipe. Quand je suis arrivé là-bas, ils m’ont fait jouer au poste 4 alors que je suis un arrière. La force de mon jeu est que je suis polyvalent et là je joue au poste intérieur alors que leur premier choix de draft était un joueur du même poste et ils avaient encore un autre joueur de ce poste puis moi j’arrive me disant que je jouerai extérieur alors qu’ils me font jouer à un autre secteur du jeu. Le but de la D-League est d’être exposé et de jouer pour avoir sa chance afin d’intégrer la NBA mais si on me fait jouer en 4 alors que je suis juste derrière je ne vais pas aller loin. Ça m’a un peu déçu dans le sens où je n’ai pas montré réellement ce que je valais, ça m’aurait plus déçu si j’avais remarqué que mon niveau n’était pas bon. Ça fait parti du jeu. Je ne me laisse pas abattre, je continue d’avancer.

Comment comptes-tu rebondir ?

Comme je l’ai toujours fait, en travaillant. On est plusieurs joueurs professionnels à s’entrainer au Hoops Factory (à Paris). nous restons prêts, je crois fort en Dieu et il n’y pas de hasard, j’essaie de contrôler ce que je peux contrôler. Le reste est entre les mains de Dieu. Je ne me prends pas la tête avec quelque chose dont je n’ai pas le contrôle.

Ron Mvouika.jpg

« C’est comme si j’étais un joueur NBA mais sans le salaire. »

Ton objectif est de retourner au USA pour pourquoi pas fouler les parquets de NBA ?

A un moment donné, oui. C’est mon objectif final, après, comment je vais faire pour y retourner ? Je ne sais pas. J’ai envie de te dire « Tous les chemins mènent à Rome. » Je vais continuer à travailler, j’ai vécu la plupart de ma vie à l’étranger donc je n’aurai pas peur d’aller pratiquer le basketball dans un autre pays en Europe. Le jeu me manque, je veux m’exprimer sur le terrain. J’irai là où le basketball m’emmène.

Si on revient à ton passage dans le championnat universitaire, que retiens-tu de cette expérience ?

Franchement, je ne sais même pas par où commencer. J’ai pu voir chaque niveau et terminer mon cursus universitaire en jouant pour les grosses universités. Il faut le voir pour le croire. La saison dernière, j’étais à New-York, la salle à domicile était le Madison Square Garden, je jouais devant 15 à 20 000 personnes, je voyageais en jet privé, je dormais dans des hôtels cinq étoiles voire des palaces etc. C’est comme si j’étais un joueur NBA mais sans le salaire. C’est le rêve et je le souhaite à tout le monde.

Comment est l’ambiance dans leurs stades ?

C’est une religion aux États-Unis alors que le sport en France est considéré comme un loisir. Outre atlantique, le sport est une voie comme une autre. La NCAA est plus regardée que la NBA dans le sens où c’est une école contre une autre. Lorsque tu joues, tu joues contre toute l’école et tous les gens passés par cette université, lorsque tu rentres là-dedans c’est à vie. Il y a la même chose dans les films américains, les gens sont fiers de leur école. L’ambiance, c’est comme si c’était la coupe du Monde tous les soirs.

Ron Mvouika 1

« J’ai un parcours très atypique. »

Grâce à ce passage, tu as pu connaître le maillot de l’équipe de France, une tenue que tu souhaites encore endosser même si cela sera difficile ?

J’ai un parcours très atypique dans le sens je suis sorti des radars français, j’ai un style un peu différent, porter le maillot de l’équipe de France était un rêve et lorsque j’ai eu l’opportunité je me suis senti honoré, c’était une victoire pour moi. Si la sélection me rappelle, j’y retourne sans problème. J’ai effectué un match face à l’Allemagne à Paris, c’est la première fois que je jouais en France après de nombreuses années à l’étranger. Il y avait toute ma famille et beaucoup d’amis et ça m’a beaucoup touché.

Aujourd’hui, tu es revenu en France pour aller jouer en Nationale 1 avec Vitré mais tu es parti de ce club, pourquoi être parti au bout de deux matchs ?

Lorsque je suis arrivé là-bas, il me manquait le terrain, ce n’était pas le niveau ou autres, je voulais réellement jouer. Je sais que c’est dur d’arriver en cours de saison car l’équipe a déjà ses repères mais ça s’est très bien passé, le groupe était en or et j’étais bien accueilli. J’avais signé six matchs et pendant les deux matchs je ne jouais pas tellement, après c’est le coach, il n’avait pas l’air d’avoir besoin de moi. J’essayais de contrôler ce que je pouvais. J’ai préféré rentrer au lieu de rester à Vitré et ne pas jouer.

Qu’est-ce qui te manque pour percer en France ?

Il faut demander aux coachs, aux agents et aux clubs. Je suis sorti de mon cursus universitaire, je suis rentré en me disant qu’un club me donnerait ma chance, je ne suis pas arrivé en me disant que je serai en Pro A ou en Pro B et tourner à 30 points, je voulais juste revenir dans mon pays et jouer dans un club qui croit en moi mais ça fait parti du métier, je ne vais pas en vouloir à la planète entière, il y a des problèmes plus graves et je sais très bien que je vais sortir la tête de l’eau. Lorsqu’une opportunité se présentera, je saisirai ma chance et mon jeu parlera.

Pour finir, que pourrions-nous te souhaiter de mieux pour la suite ?

La santé, le courage et la foi ! Garder la foi et continuer à persévérer. Tout peut se passer en une journée, Nelson Mandela est sorti de prison et quelques jours après il était président. Je fais parti des rêveurs qui pensent que tout peut se passer en une journée. Il ne faut rien lâcher.

 

Kentin

Photos : Page Facebook de Ron Mvouika

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s