Josuha Guilavogui : A l’heure d’aujourd’hui j’ai retrouvé toutes mes sensations

Longtemps considéré comme l’un des meilleurs joueurs à son poste, Josuha Guilavogui a connu beaucoup de rebondissements durant sa carrière et cela commence par son départ à l’Atlético Madrid où le défi était bien trop dur mais notre Français est reparti de la capitale espagnole avec une nouvelle expérience grâce à Diego Simeone, un coach qu’il qualifie comme le douzième homme de l’Atlético Madrid. Après ce transfert, Josuha Guilavogui va connaître une mauvaise passe, revenu en France quelques mois plus tard, il se blessera. Une coupure qui l’empêche de disputer la coupe du Monde 2014. Nous le retrouverons à Wolfsburg, une destination inédite pour le meilleur ami de Bafétimbi Gomis qui ne regrette en aucun cas son choix. Actuellement douzièmes au classement, Josuha Guilavogui et ses équipiers essaient de remonter la pente. Blessé aux cervicales en début de saison, le natif d’Ollioules ne lâche pas ses objectifs, peut-être un retour en équipe de France ? En tout cas, il ne cesse de progresser et devrait réaliser d’énormes performances dans les prochaines semaines. Josuha Guilavogui a accepté de répondre à nos questions.

 

« Ce sera compliqué de retrouver l’équipe de France. »

-L-S-E-P-I : Bonjour Josuha, comment vas-tu ? Tu es un joueur qu’on ne présente plus mais accepterais-tu de nous parler un peu de ton parcours footballistique ?

J.G : Bonjour ! Ça va très bien ! Donc moi ç’a commencé en semi-professionnel à l’âge de quatorze ans quand j’ai signé au centre de formation de l’ASSE. Ensuite, j’ai signé un contrat élite (deux ans en stagiaire et trois ans en professionnel) dans le club Stéphanois à l’âge de dix-sept ans. Cela m’a permis de connaître l’équipe de France U18  et j’ai ensuite effectué mes premiers matchs avec les professionnels où l’on remporte la coupe de la Ligue en 2013. Je me suis retrouvé à l’Atlético Madrid lors de la saison 2013-2014, ça ne s’est pas très bien passé, je n’étais pas prêt à relever ce challenge. Beaucoup de choses se sont passées lors de mon transfert alors que ça ne devait pas être comme ça. Après, je suis retourné en France pour avoir l’occasion de jouer la coupe du Monde 2014 mais je me suis blessé donc le retour était assez compliqué, je n’ai pu jouer que quelques matchs. Cet été-là, j’ai rencontré des membres du staff de Wolfsburg qui m’ont dit qu’ils aimeraient me recruter et ç’a été le bon choix puisque j’ai connu un quart de finale d’Europa League et de Ligue des Champions, j’ai également pu rejouer un peu avec l’équipe de France.

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Tu es passé par l’Atlético Madrid, peux-tu nous parler un peu de ce passage bref dans le club madrilène, est-ce un échec pour toi ?

Non ce n’est pas un échec car j’ai évolué avec cette aventure. Si je suis devenu le joueur voire l’homme que je suis aujourd’hui c’est grâce à cette étape-là. Je pense qu’on grandit dans l’adversité, en tout cas pour moi c’est comme ça. J’ai beaucoup appris aux côtés de l’entraineur. Puis, ce n’était pas que footballistique car à mon poste il y avait beaucoup de concurrences puisqu’à mon époque il y avait déjà Tiago, Gabi et Koke, encore aujourd’hui des joueurs n’arrivent pas à s’imposer.

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Actuellement tu évolues à Wolfsburg qui est douzième au classement, on a connu cette équipe beaucoup plus haute que ça notamment durant la saison 2014-2015, que s’est-il passé entre temps ?

Comme dans chaque club il y a des cycles, et nous nous étions arrivés en fin de cycle. On avait atteint une très, très haute marche mais nous n’avons pas su négocier le virage. Là, nous repartons avec un nouvel entraîneur et un nouveau directeur sportif, je pense qu’ils font du bon boulot afin de retrouver le top cinq allemand.

Quel est ton bilan de première partie de saison collectivement et individuellement ?

Je me suis blessé durant la saison donc individuellement ce n’est pas évident. La saison passée nous terminions en roue libre donc ça nous pendait au nez. Nous avions besoin d’un nouveau souffle avec de nouveaux joueurs pour pouvoir repartir et nous battre en Ligue des Champions et Europa League mais ça ne s’est pas fait. C’était dur mais nous en avons tiré des leçons.

As-tu toujours l’équipe de France en tête ?

Je l’ai en tête mais ce sera compliqué de retrouver l’équipe de France car ils forment un groupe très soudé. Certains joueurs qui occupent mon poste évoluent dans les plus grands clubs européens avec des qualités que je n’ai pas mais tout va vite dans le football et je peux en témoigner. On ne peut pas savoir car dans le football on se doit d’avoir beaucoup d’ambitions pour avancer. Peut-être que je n’y arriverai pas mais il faut me faut un objectif pour pouvoir travailler au quotidien. Après, travailler chaque jour dans cette voie-là va me pousser à dépasser mes limites.

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« Son investissement n’est pas à remettre en cause. « 

Depuis peu, tu as un nouveau coach en la personne de Valerian Ismael. Peux-tu nous dire quelques mots sur lui, ton ressenti sur le travail qu’il a effectué ?

Tout d’abord, je pense que c’est un coach avec le rôle de leader, il a cette crédibilité puisqu’il a été joueur de haut niveau donc c’est quelqu’un qui connait le monde professionnel et il travaille énormément. Il est beaucoup porté sur l’effort physique. Il incarne la nouvelle génération des entraineurs parce qu’au-delà du fait d’être le meneur il allie très bien l’aspect tactique et c’est ce qui nous manquait.

Vous perdez un joueur majeur au mercato hivernal, que penses-tu du départ de Julian Draxler ?

C’est un ami, on s’entend très bien. C’était son choix, il voulait déjà y aller en été mais ça ne s’est pas fait donc je suis content qu’il y soit aujourd’hui car il le voulait.

D’après toi, va-t-il réussir au PSG ?

Forcément que oui, on a pu le voir sur ses premiers matchs là-bas. Il est très talentueux et parfois le talent ne suffit pas mais lui est quand même champion du Monde donc ce n’est pas rien. Il a cette hargne de victoire et il a joué avec de très grands joueurs que ce soit à Schalke, Wolfsburg ou au PSG. Je m’inquiète pas du tout pour lui.

Vous venez aussi de recruter Paul-Georges Ntep, c’était un joueur très attendu au sein de l’effectif ?

Oui car il a les qualités qui nous manquaient, c’est-à-dire de la percussion, de la folie et de l’euphorie offensive. Il effectue un super match face à Hambourg, il a délivré une passe décisive dans les dernières minutes. Il va avoir besoin de temps pour s’adapter mais en tout cas il a la chance d’avoir un coach qui veut le meilleur de lui.

D’après toi, dans quelle partie du jeu va-t-il faire la différence ?

Il va nous aider offensivement puis il va devoir chercher beaucoup de fautes et c’est important puisqu’en Bundesliga la moitié des buts sont inscrits sur coup de pied arrêté.

Avant de revenir au championnat j’aimerai bien te parler un peu de Bafétimbi Gomis, l’un de tes meilleurs amis, que penses-tu de sa situation à Marseille ?

Je pense qu’il assume parfaitement son rôle de meneur. Depuis que je le connais, c’est-à-dire douze ans, il a toujours eu cette âme de leader et même si c’est compliqué à Marseille je pense qu’il essaie de montrer l’exemple et son investissement n’est pas à remettre en cause.

 

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« A l’heure d’aujourd’hui j’ai retrouvé toutes mes sensations. »

Si on revient un peu au championnat, vous avez remporté votre rencontre face à Hambourg grâce à un but de Mario Gomez, vous ne pouviez, certes, pas mieux commercer l’année 2017 mais comment appréhendes-tu la rencontre contre Augsburg ?

On sort de trois victoires d’affilées, on a enchaîné 50% du boulot puisqu’il va falloir gagner contre Augsburg et ça va être une rencontre compliquée même si au match aller nous avons réussi à prendre les trois points. Maintenant, à domicile c’est un concurrent direct pour le maintien puisqu’il ne faut pas oublier de se créer un petit matelas de confort et ça passe par un succès face aux concurrents directs. Il faut faire le plein, si nous commençons la reprise par deux victoires à domicile cela sera de bonnes augures pour la suite.

Une victoire à la clé serait peut-être un déclin dans votre saison, et espérer peut-être voir le bout du tunnel ?

Exactement, on a conscience que le calendrier est en notre faveur maintenant il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Il faut savoir qu’on reste sur une première partie de saison avec beaucoup de déceptions et remporter ce match pourrait nous permettre d’aller chercher les places au-dessus.

Que peut-on te souhaiter de mieux pour 2017 ?

Je souhaite uniquement avoir une bonne santé car le football ne tient à rien. A l’heure d’aujourd’hui j’ai retrouvé toutes mes sensations alors que cela aurait pu être pire pour moi.

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Kentin

Photo : Site officiel de Wolfsburg et page Facebook de Josuha Guilavogui

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