Sébastien Lhuissier : C’est toute une ambiance que j’ai appréciée

Il pratique un sport très impressionnant, le rugby fauteuil ou encore appelé le Murderball. A 39 ans, Sébastien Lhuissier a vécu ses deuxièmes Jeux Paralympiques, après une première édition à Londres pas très satisfaisante, ce Ligérien est revenu de Rio avec un grand sourire. Même si la compétition n’a pas été top, ce joueur de Carquefou a quand même quelques regrets et quelques reproches sur les objectifs fixés par son coach. Avec un village Paralympique sympathique, les joueurs de l’équipe de France en ont pris plein les yeux par l’ambiance, la capitale ou la compétition. Sébastien Lhuissier a vécu une toute autre compétition par rapport à celle de Londres. Il nous raconte tout dans cette interview.

 

« La chose la plus importante quand on est aux Jeux Paralympiques c’est d’abord l’accessibilité. »

-L-S-E-P-I : Bonjour Sébastien, comment allez-vous ? Bien rentré de Rio ?

S.L : Bonjour, je vais très bien. Exactement, très bien rentré.

On a entendu des critiques sur village paralympique, c’était le seul bémol de la compétition ?

Alors je pense que ce sont surtout les Jeux Olympiques qui ont été touchés par le fait que le village n’était pas bien fini, il y avait des mal-formations, il y avait des choses qui n’étaient pas finies. Nous quand on est arrivé un mois après la plupart des problèmes étaient réglés donc on a eu aucun soucis particulier sur le village. La chose la plus importante quand on est aux Jeux Paralympiques c’est d’abord l’accessibilité parce qu’on est soit en fauteuil ou soit en prothèses, donc c’est la chose la plus importante pour nous. Après qu’il n’y ait pas de peintures aux murs et qu’il y ait des traces ou autres, je dirai peut-être que ce sont des soucis de valides mais ce ne sont pas des problèmes pour les personnes handicapées. Après des bémols il y en a eu d’autres mais au niveau du village, il n’y avait pas de soucis majeur.

 

« C’est toute une ambiance que j’ai appréciée. »

Malgré ça, la compétition fut belle ?

La compétition fut belle ! Les sites de compétitions et d’entraînements étaient tout simplement magnifiques. On a eu du public, on eu des belles compétitions, c’est-à-dire que les sportifs ont bien fait le boulot où il y a eu des matchs, des courses, des combats supers chouettes etc… Des Jeux Paralympiques qui ont été réussis, d’autant plus que les médias ont diffusé et relayé les choses. On n’avait jamais vu ça en France, pour nous c’était vraiment une grande première.

Quel est votre meilleur souvenir là-bas ?

Quel est mon meilleur souvenir ? Déjà on a fait une visite de Rio qui était très sympathique et qui n’était pas vraiment prévue au programme. C’était quelque chose qui a été organisée par le coach, il nous l’a caché jusqu’au bout, c’était super chouette. C’est difficile de parler de souvenir, c’est toute une ambiance que j’ai apprécié, autant je n’ai pas du tout aimé les Jeux de Londres parce qu’il ne faisait pas beau, il y avait beaucoup de bitumes, beaucoup de barbelés et de caméras alors que là c’était ensoleillé, il y avait de végétation tropicale, la mer et des collines. Il y avait une ambiance et de la musique, c’est surtout ça qui m’a plu et toute l’atmosphère autour des Jeux Paralympiques, une atmosphère détendu, relax et joyeuse.

C’est donc surtout le décor que tu as aimé ?

Pas forcément le décor mais l’environnement, l’atmosphère de Rio, des plantes tropicales, la joie des gens, des couleurs et l’ambiance avec la musique. Moi je ne me sentais pas en prison comme à Londres, là ce n’était pas le cas, une présence policière très détendue. On se sentait comme dans un village de vacances.

 

« J’ai d’autres idées en tête. »

Vous finissez avant dernier en battant le pays organisateur, il était important de ne pas finir dernier ? Un petit sursaut d’orgueil ?

Disons que si on avait terminé derniers, on aurait complètement raté nos Jeux… Puisque le pays organisateur qui est le Brésil était une équipe inférieure à toutes les autres équipes. On est arrivé au septième rang mondial, si on ne voulait pas perdre de places au niveau mondial il fallait battre le Brésil pour terminer septième. Là où on peut avoir des regrets, c’est qu’on a raté l’opportunité de gagner des places au niveau mondial et européen. Pour ça il aurait fallu ne pas cramer toutes nos forces face aux Américains et aux Japonais car on était sûr de perdre mais conserver toutes nos forces pour battre la Suède. Si l’on avait fait ça, on aurait pu jouer la cinquième place contre l’Angleterre donc on aurait déjà gagné une place. Cela nous aurait permis d’avoir un meilleur tirage au sort pour le championnat d’Europe l’année prochaine en Allemagne. Pour moi, c’est le minimum syndical que l’on pouvait faire, à titre personnel, je suis très déçu par l’objectif que s’était fixé le coach qui pour moi n’était pas le bon objectif. C’est vraiment dommage.

C’est une discipline assez impressionnante pour les spectateurs, tu aimes ça ? Ce sport de contact où les coups sont importants…

C’est ça ! Il allie plusieurs composantes, il y a un aspect physique qui est très important, une énorme dépense physique, beaucoup de contacts et c’est un sport très tactique, si on aime se dépenser, transpirer et se donner à fond, c’est le sport parfait ! C’est magnifique comme sport. Ça passe très, très bien à la télé, c’est bien filmé, il y a pleins de couleurs, pleins de contacts et il n’y a pas de temps-morts ! J’ai entendu quelques avis de personnes qui ont découvert ce sport à la télévision grâce à France TV, ils ont adoré ! C’est un sport où tu en prends plein la tête si je suis poli, c’est génial !

Maintenant, il faut viser les Jeux Paralympiques de Tokyo mais à 39 ans, vas-tu continuer ?

Quand on est sportif comme je peux l’être, il ne faut pas viser aussi loin, il y a d’autres rendez-vous comme les deux championnats d’Europe et un championnat du Monde, on se projette plutôt sur la prochaine échéance ! Après, je ne sais pas si je vais continuer l’équipe de France ! Je suis en pleine interrogation. J’ai besoin de quelques réponses à mes questions. Je prendrai une décision dans les semaines à venir. Je n’ai aucune idée ! Je ne sais même pas si je vais participer au championnat d’Europe l’année prochaine, mais en handisport on peut continuer longtemps ! J’ai d’autres idées en tête peut-être un autre sport, l’avenir nous le dira.

 

Kentin

Photo : Cœur Handisport

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s